Premier jour du début de l'enfer
Publié le 14 Avril 2013
En dehors de la Seine qui déborde et des centaines de personnes étalées sur des nappes, coupe de champagne en main pour célébrer l'arrivée des beaux jours et la fin du premier pique-nique, je n'ai rien vu de sympa à Paris en ce dimanche attendu pour la seule raison que le soleil et ses plus de 25°C avaient été promis par la dame de la météo. Enfin chaud ! Enfin du soleil ! Comme si l'hiver était traumatisant. Youpi ! enfin de la verdure... Youpi ! enfin des fleurs... Youpi ! enfin du monde : tout ce que je hais était au rendez-vous. Partout des poussettes, partout des gens s'extasiant devant un saule pleureur ou des tulipes pas encore écloses. "Qu'est-ce qu'on est bien dehors ! Il était temps, les gens avaient besoin de chaleur." Pas moi. Moi, quand il fait chaud, j'ai trop chaud. Le soleil me donne mal à la tête et les individus qui jouent de la guitare sur les bancs m'énervent (plus encore s'ils chantent). Je suis insensible aux arbres. Je n'aime pas le vert. Les jambes découvertes des filles trop blanches, trop grosses, trop maigres, trop ci, trop ça : berk. Les souhaits émis pour que le soleil reste, que l'été soit beau : pas pour moi. La fanfare devant l'Opéra Garnier : sacrilège. Moi, j'attends l'hiver et la nuit. J'attends que revienne l'odeur des cartables neufs. Je souhaite de tout cœur que l'été soit pourri, et que l'on puisse rester couvert de ses beaux habits. Pas de sandales, pas de short, pas de chapeau, pas de lunettes de soleil. Le mois de mai est encore loin, mais je maudis déjà les jours trop clairs, les congés, les étudiants qui révisent sur les pelouses, les odeurs dans les transports en commun, et peut-être les nuits trop chaudes pour s'endormir. Alors quoi l'été ? Est-ce que les pâtisseries ne se mangent que sous le soleil ? Non.